Ordre des Inventeurs et Innovateurs Européens

D’où viennent les inventeurs de demain

17 septembre 2026


Le nombre de diplômés en ingénierie est l’indicateur habituel lorsqu’on discute du capital humain technique d’un pays. Le Rapport de suivi de l’éducation et de la formation de la Commission européenne indique qu’en 2023 l’Union comptait 14,3 diplômés de l’enseignement supérieur dans les domaines STIM pour 1 000 personnes âgées de 20 à 34 ans, et 11,8 diplômés STIM de niveau professionnel pour 1 000 jeunes. En 2024, 27,2 % des adultes de 25 à 64 ans détenaient une qualification supérieure dans un domaine STIM.

Cet indicateur mesure combien de personnes ont suivi une formation technique. La mesure complémentaire — combien d’entre elles ont un jour conçu quelque chose qui n’existe pas encore — reste hors des statistiques, alors qu’elle décide du nombre de brevets déposés dans dix ans.

Le diplôme et la première solution personnelle

Un diplômé en ingénierie maîtrise des méthodes de calcul, des normes et des outils de conception. Passer de leur application à la formulation d’un problème nouveau demande un entraînement distinct, acquis par l’exercice répété et par le contact avec des problèmes réels.

Un jeune qui a mené une idée personnelle jusqu’au prototype fonctionnel a déjà parcouru tout le chemin : il a repéré un manque, l’a formulé techniquement, a essayé, s’est trompé, a corrigé. Cette expérience change la manière dont il abordera tout problème ultérieur.

L’âge où cela se décide

Le goût de la technique se forme tôt et se consolide au lycée, au moment où l’élève choisit son parcours. Un élève qui a vu naître une invention, ou qui a participé à en construire une, dispose d’un repère concret pour ce choix.

Les salons d’inventions, les clubs techniques des établissements et les concours de projets fonctionnent comme de tels repères. Ils supposent un adulte qui les organise et un budget couvrant le déplacement et les matériaux — deux conditions modestes, que bien des établissements réunissent difficilement.

Les filles et la création technique

En 2023, 32,2 % des personnes inscrites dans des programmes universitaires STIM de l’Union européenne étaient des femmes ; en informatique la proportion atteignait 20,3 %, et en ingénierie 27,7 %. L’Union s’est fixé des objectifs pour 2030 : au moins deux personnes sur cinq inscrites dans des programmes universitaires STIM, et une sur trois dans les doctorats en informatique, devraient être des femmes.

Les modèles visibles comptent ici davantage que les campagnes. Une inventrice qui présente sa solution devant une classe produit un effet qu’aucune brochure ne reproduit.

La reconnaissance comme instrument d’orientation

Un prix obtenu jeune change la manière dont un adolescent se perçoit. L’Ordre décerne des distinctions précisément parce que la reconnaissance publique du mérite technique fonctionne comme un mécanisme d’orientation professionnelle, au-delà de son rôle symbolique.

Une section débutants dans les salons d’inventions, évaluée par des spécialistes et assortie d’un mentor pour chaque participant, transformerait une participation occasionnelle en parcours.

Nous soutenons que la formation des inventeurs commence bien avant l’université et que les mesures qui comptent sont modestes : un enseignant formé, un budget de déplacement, un problème industriel réel apporté en classe et un jury qui prend au sérieux la première solution d’un enfant.